Pour corriger.
Le soleil d´avril flamboyant teinte les nuages et se couche sur la mer qui, comme d´habitude chaque automne, disperse un arôme pénétrant d´algues.
Les fortes vagues de l´Atlantique mugissent féroces, insensibles, majestueuses, venant de loin s´abattant contre le branlant quai de bois. La mousse blanche se dilue dans du sable sec et le vent prolonge son voyage sans cesser.
Un homme tout seul assit sur une chaise longe en face de la mer. Soulève sa tête paisiblement et fige ses yeux bleus dans le ciel, si concentré. Son petit corps, immobile pour ainsi dire, contraste avec le paysage gigantesque qui se meut… L´océan s´agite et se remue contre la côte, le vent du crépuscule dessine quelques tourbillons ici et là, et l´écho marine dans le lointain s´approche et s´écarte.
L´homme inspire et expire profondément comme s´il voulait absorber tous les arômes de la vie de chaque instant. Il meut ses jambes maigres mais musculeuses en les raclant sur le sable jusqu'à ce que ses pieds touchent l´humidité de dessous. Ses lèvres sèches et minces esquissent un petit sourire, peut-être pour la belle sensation d’avoir pu mouiller ses talons ou pour les chatouilles qu´il sent sous ses orteils.
Il baisse la tête calmement jusqu'à la ligne de l´horizon. Il faudrait savoir ce qu´il cherche dans l´immensité de la nature. Son visage osseux et sa peau sec et ridée a pleine de profonds sillons sur son front étroit, sur ses joues foncées et sur son menton pointu et saillant ; tout cela si vieux, tranche avec ses lumineux cheveux, si juvéniles, blonds et lises, longs et attachés avec un ruban céleste et blanc.
Son bermuda abimé et sa chemise verte pâle totalement usée et propres ont perdu leur couleur; il s´incline calmement touchant son genou gauche avec son petit doigt. Il caresse un livre dont la couverture est noire, fermé sur ses genoux mais il ne l´ouvre pas.
L'homme s'allonge sur la chaise longe et tenant sa nuque avec ses deux mains, il examine l´eau qui s´approche de plus en plus. Il croise les jambes, comme s'il attendait un signe révélateur de la profondeur de la mer.
Peu à peu le soleil succomba derrière l´horizon abattu et la soirée à la belle étoile changea tellement que je m´approche avec ma longue-vue pour constater si mes yeux me trompèrent.
Mais non…. Oui, ca qui se meut en haute mer, c´est une chaise longue. Un ruban céleste et blanc se dérobe et se découvre entre la mousse blanche.
Le ruban flotte sans but.
Le bruit marin d´avril emporta tout, laissant seulement la quiétude totale et le mélancolique silence de la nuit. Sans lui.
Fin
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