jueves 26 de enero de 2012

SANS NOM

 Pour corriger.


Le soleil d´avril  flamboyant   teinte les nuages  et se couche sur la mer qui, comme d´habitude  chaque automne,  disperse un  arôme pénétrant d´algues.    
Les fortes vagues de l´Atlantique mugissent  féroces, insensibles, majestueuses, venant de loin  s´abattant contre le  branlant quai de bois. La mousse blanche se dilue dans du sable sec et le vent  prolonge son voyage sans cesser.
Un homme tout seul  assit sur une chaise longe  en face de  la mer. Soulève sa tête paisiblement  et  fige  ses  yeux bleus  dans le ciel, si concentré.  Son petit corps, immobile pour ainsi dire, contraste avec le paysage gigantesque qui se meut… L´océan s´agite  et se remue contre la côte, le vent du crépuscule dessine quelques  tourbillons  ici et là,  et l´écho marine  dans le lointain   s´approche et s´écarte.
L´homme inspire  et expire profondément comme s´il voulait absorber  tous les arômes de la vie de chaque instant.  Il meut ses jambes maigres mais musculeuses en les raclant sur le sable jusqu'à ce que  ses pieds  touchent l´humidité de dessous. Ses lèvres sèches et minces  esquissent  un petit sourire, peut-être pour la belle sensation  d’avoir pu mouiller ses talons ou pour  les chatouilles qu´il sent  sous ses orteils.
Il baisse la tête calmement jusqu'à la ligne de l´horizon. Il faudrait savoir ce qu´il cherche dans l´immensité de la nature.   Son visage osseux et sa peau sec et ridée  a pleine de profonds sillons sur son front étroit, sur ses joues foncées  et sur son menton pointu et saillant ; tout cela si vieux,   tranche  avec ses lumineux cheveux, si juvéniles, blonds et lises, longs et attachés avec un ruban céleste et blanc.
Son bermuda abimé  et sa chemise verte pâle totalement usée et propres ont perdu leur couleur; il s´incline calmement touchant  son genou gauche  avec son petit doigt. Il caresse un livre dont la couverture est noire, fermé sur ses genoux mais il ne l´ouvre pas.
L'homme s'allonge sur la chaise longe et tenant sa nuque avec ses deux mains, il examine  l´eau  qui s´approche  de plus en plus.   Il croise les jambes, comme s'il attendait un signe révélateur de la profondeur de la mer.
Peu à peu le soleil succomba  derrière l´horizon abattu et la soirée à la belle étoile  changea   tellement que je m´approche  avec ma longue-vue pour constater si  mes yeux  me trompèrent.
Mais non…. Oui, ca qui se meut  en haute mer, c´est une chaise longue. Un ruban céleste et blanc  se dérobe et se découvre entre la mousse blanche.
Le ruban flotte  sans but.   
Le bruit marin d´avril emporta tout, laissant seulement  la quiétude totale et le mélancolique silence de la nuit. Sans lui.
 
Fin

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